3ème étape : Lire le texte original

Cet article s'insère dans la cadre de la série "Etudier un texte biblique en 8 étapes"

Etudier Bible 8 étapes

Une fois les questions de critique textuelle réglées, il convient de lire le texte original. En effet, ce qui fait autorité pour le croyant n’est pas telle ou telle traduction de la Bible, mais le texte dans ses langues originales.

Et pourquoi ne pas apprendre les langues originales ?

La Bible a été écrite en hébreu (et araméen) pour l’Ancien Testament, et en grec pour le Nouveau. L’apprentissage de ces langues demande un certain effort. Toutefois, nous avons la chance de pouvoir facilement accéder aujourd’hui à de nombreux cours ou formations, dont certains sont disponibles en ligne gratuitement (voir ici).

Peut-être vous demandez-vous l’intérêt d’un tel effort alors que nous avons à notre disposition de bonnes traductions françaises de la Bible ? L’apprentissage du grec ou de l’hébreu permet de comprendre le mode de fonctionnement de ces langues. Or, ces langues fonctionnent de manière très différente de la nôtre ! L’apprentissage des langues originales permet ainsi de se plonger dans un mode d’expression qui nous est peu familier. Cela renouvelle la lecture de la Bible, et surtout cela permet d’éviter bien des erreurs d’interprétation (voir cet article).

Lire à partir des langues originales

Celui qui lit le grec ou l’hébreu pourra le faire directement à partir d’une édition de l’Ancien Testament hébreu ou du Nouveau Testament grec. Il pourra consulter si besoin ses dictionnaires de grec et d’hébreu bibliques. L’utilisation d’un logiciel biblique pourra lui permettre de gagner du temps à cette étape.

Une fois le texte lu dans sa langue originale, il conviendra de le relire dans une ou plusieurs traductions françaises, pour confronter sa compréhension à celle des meilleurs traducteurs.

Se faire une idée du texte original à partir des traductions françaises

Celui qui ne lit pas les langues bibliques, devra impérativement lire le passage dans plusieurs traductions. L’idéal serait de consulter pour un même passage, au moins deux traductions littérales ( par exemple, TOB, NBS, Segond 21, voire Darby) et deux traductions à équivalence dynamique (par exemple, Semeur, Français Courant, Parole de Vie) [sur les différentes méthodes de traduction, voir cet article].

On pourra compléter sa lecture en comparant une traduction typiquement évangélique (Semeur, Segond 21) à une traduction non-évangélique (Jérusalem, Nouvelle traduction liturgique, Chouraqui).

Comparer les différences

Lors de la lecture de la comparaison des traductions, il faudra surtout être attentif aux différences.

  • Dans certains cas, les différences ne portent pas sur le sens des versets bibliques mais simplement sur la formulation : les traductions disent la même chose, mais de manière différente. Dans ce cas, les différences s’expliquent probablement par la méthode de traduction retenue par le traducteur, ou par le niveau de langage utilisé pour la traduction.
  • Dans d’autres cas, les traductions pourront vous paraître différentes quant au sens du texte, voire carrément contradictoires : les traductions semblent dire des choses différentes. Dans ces cas-là, les différences s’expliquent très probablement par une certaine ambiguïté du texte original qui impose aux traducteurs de faire un choix en faveur d’un ou l’autre sens possible du texte. Ces différences-là mériteront d’être creusées un peu plus tard dans l’étude du texte.
 Consulter les notes de traduction

De nombreuses bibles comportent des notes de bas de page dites « notes de traduction ». Celles-ci seront généralement plus développées dans des Bibles d’étude. Il s’agit d’indications quant à la difficulté de traduire un passage. Lorsque la traduction s’éloigne de la formulation originale, les traducteurs peuvent indiquer en note « littéralement : … » pour indiquer le sens littéral du texte original. Lorsque la traduction pose des difficultés, ils peuvent indiquer en note d’autres possibilités de traduction. Ces indications sont précieuses pour avoir une bonne idée du texte original.

Le piège des « études de mot »

Un mot peut avoir plusieurs sens, toutefois, lorsqu’il est placé dans une phrase, un mot n’a (généralement) qu’un seul sens.

L’intérêt pour le texte original est une bonne chose. Toutefois, pour le non-spécialiste, il existe un certain nombre de pièges à éviter. L’un des plus courants consiste en un mauvais usage des dictionnaires. Qui n’a jamais entendu un prédicateur s’arrêter sur un mot d’un verset biblique et dresser une longue liste des différents sens de ce mot telle qu’il l’a trouvée dans son dictionnaire. Comme si ce mot avait tous ces sens en même temps au sein du verset cité ! Si on transposait cette méthode à la langue française (ou n’importe quelle langue que nous parlons couramment), nous nous rendrions vite compte de l’aberration. Certes, il peut nous arriver de jouer volontairement sur le double sens d’un mot. Il peut aussi nous arriver de ne pas faire attention à l’ambiguïté de notre formulation, de telle sorte qu’un traducteur pourrait avoir des difficultés à la traduire. Toutefois, de manière générale, nous utilisons toujours un mot dans un sens précis, et pas dans tous les sens du dictionnaire en même temps !

Par exemple, en français le mot « canard » a plusieurs sens : il peut notamment désigner un animal, un journal ou une fausse note. Toutefois, si je dis : « J’ai vu un canard barboter dans la rivière », vous comprendrez sans aucun doute que je parle de l’animal, et non d’un journal ou d’une fausse note.

Pour aller plus loin sur ce sujet, voir cet article intitulé « Comment ne pas utiliser le grec ou l’hébreu pour l’exégèse biblique… ».

Faire une pause pour méditer

Ces lectures permettront de s’imprégner du texte biblique. On pourra éventuellement faire une pause et méditer le texte en prière, le découvrir simplement pour ce qu’il est : Parole de Dieu. D’autre part, cette étape pourra mettre en lumière des difficultés de compréhension et donc de traduction du passage étudié. N’espérez pas résoudre ces difficultés à cette étape de l’étude ! Ce sont les étapes qui suivent qui permettront éventuellement de progresser dans la compréhension du texte.

Quelques outils

Lire la Bible dans l’original :
Consulter différentes traductions bibliques :
  • Pour bien comprendre les différences entre les traductions françaises de la Bible, je vous conseille la lecture de mon article sur le sujet.
  • Le format numérique permet de consulter rapidement (et gratuitement) un grand nombre de traductions françaises de la Bible. Je vous indique dans cet article où et comment vous pouvez consulter jusqu’à 37 traductions françaises de la Bible.
  • Pour une comparaison des différentes bibles d’études en français, voir mon tableau comparatif sur cette page.

<< 2ème étape : La critique textuelle (pour les nuls)4ème étape : Lire le texte dans son contexte littéraire >>

Laissez un commentaire