Peut-on chanter "Yahwé" dans nos Eglises ?

Samuel Olivier
Samuel Olivier, conducteur de louange et compositeur du chant « Yahwé »

Basé sur les paroles d’un « tube » biblique (le Psaume 23), ce chant de Samuel Olivier est chanté dans (presque) toutes les églises évangéliques de la francophonie. Impossible d’aller à un rassemblement de jeunes sans entendre chanter (à tue-tête) « Ya-ah-wé, Ya-ah-wé » !

Lorsque j’ai demandé à Samuel Olivier la raison pour laquelle il a inclus le nom de Dieu dans son chant, il m’a répondu simplement :

« Je voulais utiliser le nom qui représente Dieu totalement et pas juste une de ses facettes ».

De fait, « Yahwé » est une transcription courante du nom propre utilisé plus de 6800 fois dans l’Ancien Testament pour désigner Dieu. Pour diverses raisons, la tradition chrétienne et la tradition juive ont plutôt eu tendance à proscrire le nom de Dieu de leur langage. Par conséquent, on peut se demander s’il est légitime de faire fi de cette tradition pour chanter « Yahwé » dans nos églises ?

Le nom de Dieu dans les chants de louange

Samuel Olivier n’est pas le seul à avoir composé un chant contenant le nom de Dieu ces dernières années. Hillsong, Israël Houghton ou même U2 ont aussi leur « Yahweh ». On pensera également à ce tube « afro-louange » qui invite à chanter « les merveilles de mon papa Yahvé » (notez d’ailleurs comment les catholiques de Glorious ont changé les paroles de ce chant en remplaçant les mentions de « Yahvé » par « mon Dieu » ou « Jésus mon Seigneur »). Il s’agit d’un véritable phénomène puisqu’une recherche de la mention de « Yahweh » parmi les chants référencés sur le catalogue du CCLI (Christian Copyright Licensing International) aboutit à près de 300 résultats[1] !

Cette mention de « Yahweh » dans les chants de louange est relativement récente puisque, si on trouve quelques chants « yahvistes » datant des années 1970-1980, le phénomène est surtout attesté à partir des années 1990. Toutefois, il ne faudrait pas oublier l’usage fréquent de l’équivalent « Jéhovah » dans bon nombre d’hymnes protestants plus anciens. C’est le cas, par exemple, dans une des versions françaises de « C’est un rempart que notre Dieu » que l’on trouve dans le recueil des Ailes de la foi (n°375)[2].

Vous ne retrouverez (probablement) pas le mot le plus fréquent de la Bible hébraïque dans votre traduction biblique préférée…

8HevXIIgr Plate XVI fragment b avec YHWH
Manuscrit grec retrouvé près de la mer Morte et contenant le nom de Dieu en paléo-hébreu

 Lorsque Moïse demande à Dieu quel est son nom, celui-ci indique qu’il s’appelle « יהוה (YHWH) » (Exode 3.13-15). Composé de quatre lettres en hébreu (d’où la désignation « tétragramme »), le nom de Dieu est le mot le plus fréquent de l’Ancien Testament[3].

Dès les plus anciennes traductions du texte hébreu, il semble qu’on se soit généralement refusé à transcrire le nom de Dieu. Certaines traductions grecques, dont on a retrouvé des manuscrits près de la mer Morte, font même le choix de laisser le nom de Dieu en paléo-hébreu (ancienne écriture hébraïque) au milieu de leur texte grec. Si d’autres manuscrits grecs proposent une traduction du tétragramme par le nom commun « Dieu (theos) », la traduction qui deviendra la plus courante est celle de « Seigneur (kurios) »[4]. C’est cette traduction-là qu’ont retenue les auteurs du Nouveau Testament. De même, la Vulgate traduira YHWH par « Seigneur (dominus) ».

Depuis la Réforme, la plupart des traductions protestantes dans la lignée de la « Bible de Genève » ont rendu le tétragramme par « l’Éternel », faisant ainsi allusion à l’explication que Dieu donne de son nom en Exode 3.14 (« Je suis qui je serai »). C’est encore le cas de traductions récentes comme la Bible du Semeur ou la Segond 21.

Lorsqu’à partir de la fin du 19e siècle, les catholiques furent autorisés à traduire la Bible en français à partir de l’hébreu, ceux-ci préférèrent plutôt retranscrire « YHWH » : « Jéhovah » dans la traduction du chanoine Crampon ; « Yahvé » dans celle d’Osty ou la Bible de Jérusalem. Cet usage du nom divin n’a pas été repris par la traduction liturgique qui est lue lors de la messe. En 2008, le magistère romain a même officiellement interdit l’emploi de « Yahvé » « dans les célébrations liturgiques, dans les chants, et dans les prières », et ainsi donc dans « les traductions bibliques destinées à un usage liturgique »[5].

Quant à l’Alliance Biblique Française (TOB, Français Courant, NBS, Parole de Vie), celle-ci a fait le choix de traduire le nom divin par le traditionnel « SEIGNEUR » toutefois signalé par l’emploi de majuscules.

Pourquoi certains refusent-ils de prononcer le nom de Dieu ?

Ceux qui refusent de prononcer le nom de Dieu le font principalement pour 3 raisons :

  • Pour des raisons philologiques : les spécialistes ne sont pas d’accord sur la manière dont il faut prononcer « YHWH ».
  • Par respect pour nos amis Juifs, pour qui la prononciation du nom divin est blasphématoire.
  • Par respect pour la tradition chrétienne (dont témoigne déjà le Nouveau Testament) qui a choisi de traduire « YHWH » par « Seigneur ».

« Yahvé », « Jéhovah » ou « Yahou » ?

L’Ancien Testament a été rédigé en hébreu. Or, l’écriture hébraïque ne s’écrit qu’avec l’équivalent de nos consonnes. La prononciation exacte d’un mot ne peut donc se transmettre que par son emploi à l’oral.  La difficulté repose dans le fait que la tradition juive a très tôt choisie de ne plus prononcer le nom de Dieu, le remplaçant à l’oral par « hashem (le nom) » ou « adonaï (Seigneur) ».

Exode 3v14-15 Codex de Leningrad
Exode 3.14-15 dans le Codex de Leningrad

Au Moyen-âge, des savants juifs inventèrent un système de points-voyelles qu’ils ajoutèrent au texte hébreu pour en faciliter la lecture. Lu avec ces voyelles, on pourrait prononcer le nom de Dieu « YeHVaH », voire « YeHoVaH », d’où « Jéhovah ». Toutefois, la plupart des spécialistes actuels estiment que les voyelles ne correspondent pas à la prononciation originale du nom de Dieu, mais aux voyelles du mot que les Juifs lisaient à la place, c’est-à-dire, soit l’hébreu « adonaï (Seigneur) », soit l’araméen « shema (le nom) »[6].

Les philologues modernes qui essayent de reconstituer la prononciation originale du nom de Dieu hésitent généralement entre « Yahvé », « Yahô » ou « Yahou ».

Cette incertitude sur la prononciation exacte du nom de Dieu pourrait faire hésiter certains à le prononcer, peut-être par peur de l’écorcher. Toutefois, même si on avait conservé un enregistrement audio de l’épisode du buisson ardent, devrait-on penser que Dieu s’attende à ce que tous les croyants de la terre prononcent son nom dans un hébreu parfait ? La prononciation exacte du nom de Dieu est-elle si importante ?

Dans l’Ancien Testament, Dieu se fait le plus souvent appelé par un nom propre. En le remplaçant par un nom commun (« Seigneur »), ne passons-nous pas à côté d’un aspect important de la révélation ?

Prononcer le nom de Dieu, est-ce un manque de respect pour nos amis juifs ? 

Se basant sur l’interdiction biblique de « prononcer le nom de YHWH en vain » (Ex 20.7 ; Dt 5.11 ; cf. Lv 19.12), la tradition juive proscrit tout usage du nom de Dieu. Selon le principe rabbinique de créer des « haies » autour des commandements pour éviter de les transgresser, la tradition juive a transformé l’interdiction de l’utilisation du nom de Dieu pour de faux serments, en une interdiction totale d’utiliser le nom de Dieu. Celui-ci est remplacé par « adonaï (Seigneur) » dans le cadre de la prière, et par « hashem (le nom) » dans l’usage courant. Il peut donc être particulièrement choquant pour un Juif pratiquant d’entendre les chrétiens chanter « Yahwé ».

Lorsqu’on le lui fait remarquer, voici ce que Samuel Olivier répond :

« J’ai beaucoup de respect pour nos frères juifs, mais pour la plupart, c’est écrire les quatre lettres qui les dérange, et non dire « Yahwé ». Les seules personnes gênées par ce chant que j’ai rencontrées jusqu’à aujourd’hui sont des chrétiens. Les juifs en général ne le sont pas. »

Le compositeur ajoute une remarque pertinente :

« Par respect pour nos frères juifs, il faudrait également éviter de dire que Jésus est le fils de Dieu et qu’il est Dieu. J’espère néanmoins qu’il ne faille pas en arriver à cette extrémité ! »

On pourra toutefois suggérer qu’entre prononcer le nom de Dieu et présenter Jésus comme le fils de Dieu, l’enjeu n’est pas le même. Etant donné que la prononciation du nom de Dieu n’est pas au cœur du message de l’Évangile, les églises ou œuvres qui ont un ministère particulier parmi les Juifs éviteront probablement de chanter « Yahwé ». Il s’agirait alors de suivre le principe paulinien qui consiste à « se faire tout à tous » pour l’Évangile (1 Co 9.22).

Toutefois, pour la plupart d’entre nous qui voient très rarement des Juifs entrer dans leur Église, l’enjeu n’est pas le même. Comme Jésus lui-même l’a manifesté dans sa critique des pharisiens ou des maîtres de la Loi (p. ex. Mt 23.13-36), nous ne sommes pas tenus de suivre les développements non-bibliques de la tradition juive.

Si le Nouveau Testament ne mentionne pas le nom de Dieu, ne devrions-nous pas faire de même ?

Le Nouveau Testament a été écrit en grec. Or, lorsqu’il fait référence à Dieu, ou cite un texte de l’Ancien Testament, le Nouveau Testament fait le choix de suivre l’usage de la traduction grecque dite des Septante, qui remplace le nom de Dieu par « Seigneur (kurios) ». C’est ce même titre de « Seigneur » qui est attribué à plusieurs reprises à Jésus (Rm 10.9 ; 1 Co 2.8 ; 12.3 ; Ph 2.11).

On pourrait se demander pourquoi les auteurs du Nouveau Testament n’ont pas choisi de retranscrire le nom de YHWH ? Il est fort probable que les auteurs du Nouveau Testament ne se soient même pas posé la question. En effet, la tradition de la non-prononciation du nom de Dieu semble déjà bien établie dans le judaïsme de l’époque. Toujours est-il que ni Jésus, ni les apôtres ne remettent en cause cette tradition.

Par contre, Jésus avait une manière bien à lui de s’adresser à Yahvé : il l’appelait « Père », voire même « Papa (Abba) » (Mc 14.36). Sous la conduite de son Esprit, nous sommes également encouragés à nous adresser à Dieu en disant « Abba ! Père ! » (Rm 8.15 ; Ga 4.6). Si l’Esprit Saint nous offre cette liberté d’appeler le Dieu tout-puissant « papa », ne pourrions-nous pas aussi l’appeler par son nom ?

Comme le dit Samuel Olivier,

« avoir peur de prononcer le nom de Dieu, en tant que bénéficiaire de la nouvelle alliance, ça me semble parfois juste une forme de superstition plus proche de la bigoterie que du respect pour Dieu ».

Si Dieu a souhaité être connu principalement sous le nom de « Yahvé », pourquoi nous interdirions-nous de le louer en l’appelant par son nom ? En Jésus-Christ, et par l’Esprit Saint n’avons-nous pas le privilège d’entretenir une relation personnelle et intime avec le Père ?

Pour ma part, je ne me priverai donc pas de chanter « Yahwé », même si j’aurais eu une petite préférence, très personnelle, pour la prononciation « Yahou » !

[1] Pour les chants en français contenant le nom de « Yahvé », une recherche sur la base de données de LTC aboutit à des résultats plus mesurés.

[2] Une recherche de « Jéhovah » sur le site hymnary.org aboutit à 3320 résultats !

[3] Seules les particules ou prépositions courantes sont utilisées davantage.

[4] Pour une présentation plus technique de la question, on pourra consulter l’article de la papyrologue Kristin de Troyer,  « The Names of God. Their Pronunciation and Their Translation. A Digital Tour of Some of the Main Witnesses », accessible en ligne en cliquant ici.

[5] Conclusions de la Lettre aux conférences des évêques sur « le nom de Dieu », datée du 29 juin 2008 et rédigée par la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements (cliquez ici pour lire la lettre en anglais).

[6]  Voir l’article de Kristin de Troyer, accessible ici.

12 Responses

  1. Intéressante rétrospective sur ce phénomène 😉 !

  2. Georges Mary

    Je suis assez étonné qu’on veuille faire mieux que Jésus et les auteurs du Nouveau Testament.

    • «Avant qu’ ABRAHAM fut , JE SUIS .» réponse de JÉSUS !
      Or JE SUIS = YHVH =YAHVEH ,
      donc Jesus à prononcé le YHVH en se l’applicant à lui-même !
      donc nous pouvons imiter JÉSUS en utilisant YAHVEH,
      de plus nous pensons fortement à JÉSUS ainsi.
      JÉSUS à dit : « qui m’a vu à vu le PÈRE »

    • En fait, il ne s’agit pas de faire mieux que Jésus, ni que les auteurs du nouveau Testament.
      D’ailleurs ça me permet d’introduire un point important, c’est que dans l’article publié au-dessus il est dit que les auteurs du nouveau testament n’ont pas utilisé le tétragramme dans leurs copies, c’est une supposition qui doit être étayée : en fait, les copies que l’on a du nouveau testament sont datées de plusieurs dizaines d’années à quelques siècles après la mort des apôtres. Et nous savons d’après ce qui est indiqué ici et les renvois aux manuscrits que le tétragramme figurait sur plusieurs copies de la Septante qui étaient utilisées, notamment au premier siècle.

      Il est donc probable que les auteurs du NT aient écrit le tétragramme à l’endroit où il se trouvait la plupart du temps dans les écrits de la septante puisqu’on retrouve beaucoup de renvois à l’AT dans le NT (évangiles, lettre au romains, aux hébreux notamment). Ce que l’on appelle les nomina sacra (remplacer des noms ou titres sacrés par des initiales, comme KU ou KY pour kurios en grec) est un phénomène qui s’est certainement démocratisé durant cette période (fin du 1er siècle, début du 2ème), ce qui expliquerait largement pourquoi les copies récentes (et qui sont les seules que l’on ait à disposition pour traduire le NT à partir du grec) ne comportent pas ces fameuses lettres YHWH et que l’on obtienne des titres comme seigneur là où le tétragramme se trouvait initialement.

      Bref tout ça est un peu technique, mais pour en revenir au texte lui-même, Jésus lui même a dit :
      J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu m’as donnés du milieu du monde. Ils étaient à toi, et tu me les as donnés; et ils ont gardé ta parole. (Jean 17:6)
      Je leur ai fait connaître ton nom et je le leur ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, comme moi en eux. (Jean 17:26)
      On sait que le nom de Dieu peut aussi représenter son être tout entier, mais je vois mal Jésus prononcer cette phrase sans avoir utilisé le tétragramme au moins une fois au cours de sa prédication qui s’est étalée sur plusieurs années ! Ca n’aurait eu qu’un sens très relatif à ce moment-là…

      De plus, on retrouve la pensée suivante dans la lettre aux hébreux :
      lorsqu’il dit: J’annoncerai ton nom à mes frères, je te louerai au milieu de l’assemblée. (Hébreux 2:12)
      C’est en renvoi au Psaume 22:22 comme vous le savez, là encore, vraiment difficile d’imaginer Jésus ne pas utiliser le nom de Dieu pour une superstition juive basée sur les traditions qu’il condamnait justement… (Matthieu 15:6)

      • Merci Florent pour ces remarques.
        Je ne suis pas un spécialiste de la question, mais il me semble que l’expression hébraïque « faire connaître le nom » ou « bénir le nom » est un sémitisme qui signifie simplement « faire connaître » ou « bénir ». Il n’y a rien de particulier par rapport au « nom » en tant que tel.
        Quant à la supposition que les auteurs du NT aient inclus le tétragramme dans leurs écrits, c’est très hypothétique. Les manuscrits grecs anciens contenant le tétragramme hébraïque sont très rares. De plus, pour l’exemple en photo ci-dessus, il s’agit non pas du texte de la Septante, mais d’une révision hébraÏsante de la Septante (de type kaigé). La traduction du tétragramme par « théos » (Dieu) est bien plus courante dans les manuscrits grecs anciens de la LXX.
        On a toutes les raisons de penser que les tous premiers chrétiens, probablement les apôtres eux-mêmes, aient très tôt adoptés la traduction « kurios », ce dont témoignent tous les manuscrits du NT. J’ai du mal à penser que les diverses traditions manuscrites disséminées dans tout le bassin méditerranéen se soient mis d’accord pour modifier des manuscrits qui auraient contenu le tétragramme à l’origine.
        Quant à la prononciation du tétragramme, il est quasi-certain que les Juifs de l’époque ne le prononçaient pas, surtout en Judée. Est-ce que Jésus est allé à l’encontre de cette tradition ? Ce serait quand même étonnant que les Evangiles n’en donnent pas trace… Après, on peut toujours spéculer.
        Enfin, je n’en fais pas un cheval de bataille, et ce n’est pas, pour moi, une question essentielle relative à la foi. Je ne souhaitais pas en faire un article polémique (même si j’avoue que le titre pourrait produire l’effet inverse).

  3. Georges Mary

    Bien d’accord pour dire que Jésus est effectivement « Je suis » qui s’est révélé à Moïse.
    Un peu plus difficile d’en tirer les mêmes conclusions puisque les disciples ne semblent pas les avoir tirées et avoir nommé Dieu ainsi, Jésus leur ayant appris à l’appeler « Père » et en en montrant lui-même l’exemple.
    Ceci étant, pas la peine de se disputer sur le sujet.

  4. Bonjour à tous,

    Pour l’utilisation du nom de Dieu en vain, Rabbinat traduit ainsi : Tu n’invoqueras point le nom de l’Éternel ton Dieu à l’appui du mensonge car l’Éternel ne laisse pas impuni celui qui invoque son nom pour le mensonge Vous ne jurerez point par mon nom à l’appui du mensonge, ce serait profaner le nom de ton Dieu: je suis l’Éternel (Exode20:6 et Lév19:12) .

    http://www.sefarim.fr/
    Toute la Bible, dans la traduction du Rabbinat, avec le commentaire de Rachi, traduction Jacques Kohn.

  5. (En recherchant une deuxième source du verbe être en hébreux, (l’habitude de vérifier les sources ! 😉 ) je tombe sur un article qui indique ceci : l’Église Catholique recommande elle aussi depuis peu de substituer le Nom en quatre lettres lors de sa prononciation : « […] il ne faut plus dire « Yavhé », ni le chanter, demande la Congrégation romaine pour la liturgie, mais lire et chanter « le Seigneur », là où la Bible hébraïque emploie le « Tétragramme sacré » » (Site Internet Zenit, 24/10/2008). http://www.avinou.org/?page_id=39

    Aussi, il m’intéresserait de connaitre comment vous considérer, vous les responsables de ce site, ces recommandations, si vous en tenez toujours compte, parfois, jamais, etc.

    • Bonjour,
      Je mentionne dans mon article la recommandation du magistère : « En 2008, le magistère romain a même officiellement interdit l’emploi de « Yahvé » « dans les célébrations liturgiques, dans les chants, et dans les prières », et ainsi donc dans « les traductions bibliques destinées à un usage liturgique »[5]. »
      J’ai beaucoup de respect pour le magistère catholique : je considère ses écrits comme de bons écrits théologiques. Toutefois, je ne suis pas catholique, et je ne me sens donc aucunement contraint par ses recommandations. En tant que protestant, ce qui fait autorité pour ma vie, c’est « l’Ecriture seule ».
      La question peut se poser toutefois dans le cadre de célébrations oecuméniques : il me semble que dans ce cadre, on s’abstiendra probablement de chanter « Yahwé » (ou alors on chantera sa révision « non-officielle » qui a remplacé Yahwé par Adonaï ou Seigneur).

      • Bonjour admin,
        Le magistère et la Bible sont deux choses très différentes. La Bible n’a pas besoin de théologie.

  6. Excellent article. J’ajouterai cependant ceci. Dire le nom de Dieu au moyen d’un substantif c’est en quelque sorte nommer Dieu. Nommer quelqu’un ou quelque chose c’est se placer à un niveau supérieur à ce qui est nommé. C’est ainsi qu’au jardin d’Eden l’homme donne un nom à tous les animaux (Genèse 2, 20). Au chapitre 32 du livre de la Genèse, lorsque Jacob lutte avec l’homme, avec l’ange, avec Dieu, on ne sait pas trop, c’est en tous cas une théophanie, puisque Jacob dit au verset 31: »J’ai vu Dieu face à face et j’ai eu la vie sauve ». C’est le personnage en question qui demande son nom à Jacob et qui le nomme lorsqu’il lui dit au verset 29: « Tu ne t’appelleras plus Jacob, mais Israël ». Mais lorsqu’au verset suivant c’est Jacob qui interroge l’homme, l’ange, Dieu?? « S’il te plait, dis-moi quel est ton nom! », il lui est répondu: « Pourquoi demandes-tu mon nom? » Aucune réponse n’est apportée à Jacob. On objectera que dans l’Exode au chapitre 3, Dieu se révèle à Moïse « je suis ». mais justement il ne se révèle pas au moyen d’un nom mais au moyen d’une forme verbale du verbe à l’infinitif liheiot, qui est le verbe être. Il faut noter que ce n’est pas un présent, même si on le traduit ainsi, l’hébreu n’ayant pas de présent. Même en hébreu moderne on exprime le présent au moyen d’un participe qui, comme tout adjectif s’accorde en genre et en nombre avec le sujet. Quant au verbe être il n’est même pas employé pour exprimer le présent. On peut dire que Dieu se révèle tout en ne se révélant pas. Il dit simplement qu’il est, c’est à dire qui est et sera de toute éternité, par opposition aux nations païennes qui ont des dieux qui eux portent des noms . Appeler le Tout-Puissant avec un nom, même si c’est un verbe substantivé, c’est le rabaisser au niveau d’isis, de Zeus ou de Baal. Et on comprend bien pourquoi cela est une abomination aux yeux de nos frères juifs. La transcription par l’Eternel est certainement la orme qui exprime le meux, sans l’exprimer d’ailleurs, l’hébreu: « Yehi acher éheyé ». Ceci dit, en allemand ou en anglais, on préfère s’exprimer au moyen de la traduction du grec kirios dans « der Herr » ou « The Lord ». En tous cas je partage pleinement l’avis de nos frères juifs et pense qu’appeler Dieu Yaweh ou yavoh ou Yehova est une forme d’idolatrie.

  7. Yahweh est une bonne lecture et elle évite l’erreur de transcription du dieu-Jehovah qui lui n’existe pas, nonobstant l’utilisation faite par la secte du même nom !

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