2°) Le rôle du prophète : transmettre la prophétie

Classé dans : Bible & Prophétisme | 0
Cet article s'insère dans la cadre de la série "La prophétie chrétienne d'après le Nouveau Testament"

Qui peut prophétiser ?

Une Église de prophètes

Si la prophétie est avant tout une révélation inspirée par le Saint-Esprit, on pourrait dire que, par définition, tous ceux qui ont l’Esprit de Dieu en eux, peuvent prophétiser. C’est ce que semble suggérer la citation de Joël 3 en Actes 2.17-18 : la Pentecôte marque le début d’une ère nouvelle où l’Esprit de Dieu vient demeurer chez tous les croyants. Et ceux-ci se mettent tous à avoir des rêves, des visions ou des prophéties : tous, hommes et femmes, jeunes et vieux, servantes et serviteurs.

De la même manière, Paul va dire en 1 Corinthiens 14.31 : « Vous pouvez tous prophétiser successivement, afin que tous soient instruits et que tous soient exhortés ». De plus, ce même chapitre débute et termine par une exhortation générale à « désirer prophétiser » (1 Co 14.1, 39). Au verset 24, Paul évoque aussi l’éventualité que « tous prophétisent » (1 Co 14.24) lorsqu’un non-croyant entre dans l’assemblée.  Enfin, la vision des deux témoins-prophètes en Apocalypse 11.3-13 est généralement comprise par les commentateurs comme décrivant l’ensemble de l’Église, dans son rôle prophétique.

Des prophètes dans l’Église

Toutefois, au-delà de cette possibilité pour tout croyant de prophétiser, d’autres passages suggèrent que seuls certains sont prophètes. Ainsi, les Actes évoquent le prophète Agabus (Ac 11.28; 21.10). En Actes 13.1, les prophètes désignent un groupe particulier au sein de l’Église d’Antioche. Enfin, dans plusieurs passages, Paul présente la prophétie comme un charisme particulier réservé à certains (Rm 12.6; 1 Co 12.10, 28-29; Ep 4.11). En 1 Corinthiens 12, le chapitre se termine avec une question rhétorique dont la réponse attendue est négative : « Tous sont-ils prophètes ? » Bien sûr que non ! (1 Co 12.29)

Concilier les données

Ainsi, Paul va affirmer en 1 Corinthiens 12.29 que « tous ne sont pas prophètes », et quelques versets plus loin que « tous peuvent prophétiser » (1 Co 14.1, 5, 24, 31, 39). Comment concilier les données ?

Je pense que la seule manière possible est de conclure que les auteurs du Nouveau Testament distinguaient les prophètes en titre, spécialistes de la prophétie ou tout du moins habitués à prophétiser régulièrement, et les croyants qui dans leur ensemble étaient potentiellement tous capables d’être inspirés par l’Esprit de Dieu pour prophétiser occasionnellement. Autrement dit, si tous les croyants peuvent prophétiser, seuls certains ont un ministère de prophète reconnu, ou, du moins, un charisme spécial dans ce domaine.

De la même manière que tous les croyants sont invités à devenir « enseignants » (Héb 5.12), dans le sens qu’ils devraient être capables de transmettre ce qu’ils ont reçu, ils ne sont pour autant pas tous reconnus comme des « enseignants » (cf. Ac 13.1; 1 Co 12.28-29; Ep 4.11). Ou encore, si tous les croyants sont appelés à témoigner de leur foi (1 P 3.15-16), ils ne sont pas tous appelés à un ministère d’« évangéliste » (Ep 4.11).

En ce sens, « tous » ne sont pas prophètes (1 Co 12.29) mais « tous » peuvent prophétiser (1 Co 14.31).

Dieu utilise certaines personnes pour des tâches particulières et distribue ses dons comme il le souhaite. Personne ne s’offusque que ce soient toujours les mêmes personnes qui prêchent le dimanche ou que certains soient pasteurs et pas d’autres. Le ministère de prophète est tout à fait biblique et même bien plus largement mentionné que celui de pasteur. Pourtant, en-dehors de quelques exceptions – l’Union des Églises Apostoliques de France, par exemple – peu de mouvements d’églises ont mis en place un processus de discernement du ministère prophétique comme ils en ont pour le ministère pastoral. Il y aurait certainement une réflexion à mener concernant l’accompagnement, la formation ou le discernement des ministères prophétiques.

Comment prophétiser ?

Comme je l’ai déjà mentionné, il est difficile de proposer, d’après les données bibliques, une forme de discours caractéristique de la prophétie. La Bible ne semble pas définir la prophétie par une forme ou un contenu particulier de discours.  La prophétie est avant tout un discours inspiré. Il y a toutefois quelques caractéristiques générales à retenir.

La prophétie est chrétienne ou elle n’est pas

C’est là un aspect fondamental de la vraie prophétie selon le Nouveau Testament : la prophétie est intimement liée à la personne de Jésus-Christ et à son message. La prophétie est chrétienne ou elle n’est pas.

Dans l’Évangile de Matthieu, les prophètes chrétiens sont présentés comme étant les envoyés du Christ (Mt 10.41; 23.34). De même, Jean, l’auteur de l’Apocalypse décrit sa vocation prophétique comme reçue directement du Christ ressuscité (Ap 1.10-20). Pour Paul ou pour l’auteur d’1 Jean, seul celui qui « confesse Jésus-Christ » peut être habité du Saint-Esprit et peut donc légitimement prophétiser (1 Co 12.3,10; 1 Jn 4.2). À l’inverse le Nouveau Testament décrit le faux prophète comme le « faux chrétien » par excellence, repérable par son rejet de Jésus-Christ, mais aussi par le rejet de son enseignement moral (Mt 7.15-23; 1 Jn 4.2-3; 2 P 2.1-2; Ap 2.20; 13.11-17). Le vrai prophète est donc forcément chrétien, non seulement de nom, mais de fait : comme pour tout chrétien, son attitude et sa vie doivent refléter celui qui l’a sauvé.

De plus, la vraie prophétie est présentée comme orientant les regards de ses auditeurs vers le Christ. Les Actes ou l’Apocalypse présentent le témoignage des chrétiens au sujet de Jésus comme étant prophétique (Ac 1.8, cf. Ac 2.1-41; 4.31; Ap 11.3, 7; 19.10). Le prophète est celui qui témoigne de Jésus-Christ sous l’inspiration du Saint-Esprit. De même, le message du prophète est nécessairement en accord avec le message du Christ. La vraie prophétie est donc forcément chrétienne.

La prophétie est définie par sa fonction : l’édification

La deuxième caractéristique de la prophétie, c’est qu’elle a pour objectif l’édification (grec : oikodomè). Ce terme, qui est généralement traduit par « édification » ou « construction », correspond assez bien au concept moderne de « croissance » de l’Église.

Cet aspect de la prophétie est particulièrement frappant en 1 Corinthiens 14. Le nom oikodomè (édification/construction) ou le verbe associé oikodoméô (édifier/construire) sont utilisés sept fois dans le chapitre 14, soit plus que dans tout autre chapitre du Nouveau Testament. La fonction première de la prophétie est donc l’édification du croyant (1 Co 14.3) et par conséquent l’édification du corps du Christ (1 Co 14.4).

Le terme ne désigne jamais chez Paul une forme de discours – un enseignement ou une étude biblique – mais il est employé de manière imagée pour désigner un processus, celui de la construction (voir 1 Co 3.9s ; Ep 4.11-16). De la même manière que des ouvriers participent à la construction d’une maison, les chrétiens doivent participer, avec les dons que le Seigneur leur donne, à la construction de l’Église.

La prophétie participe à l’édification du corps de Christ dans deux directions :

En consolidant l’édifice (croissance qualitative)

Le rôle de la prophétie est précisé en 1 Corinthiens 14.3 (cf. 1 Co 14.21) : « Celui qui prophétise parle aux hommes, les édifie, les encourage, les réconforte ». La parole prophétique est là pour pousser le croyant vers l’avant – « l’encouragement » – ou pour l’aider à ne pas baisser les bras – « le réconfort ». La prophétie consolide ainsi le croyant dans sa marche avec Christ : elle le construit, l’édifie. Et par conséquent, elle édifie l’Église dont le croyant est comme une pierre dans l’édifice : « Celui qui parle en langue s’édifie lui-même, alors que celui qui prophétise édifie l’Église » (1 Co 14.4).

Cela se retrouve également en Éphésiens 4, où la prophétie est présentée comme participant à la « préparation des saints […] en vue de la construction du corps de Christ » (Ep 4.12).

Dans les Actes, c’est en tant que « prophètes » que Jude et Silas « exhortent et fortifient » les frères d’Antioche (Ac 15.32). La première prophétie d’Agabus permet le soutien financier des « frères de Judée » par ceux d’Antioche (Ac 11.27-30) et donc le renforcement de la communion au sein de l’Église universelle. La seconde prophétie d’Agabus fortifie Paul dans sa mission et permet à l’Église d’accepter les souffrances de Paul comme étant « la volonté du Seigneur » (Ac 21.10-14).

En 1 Thessaloniciens 5.20-22, la prophétie bien discernée est présentée comme étant « bonne ». Elle a donc un effet positif sur ceux qui la prennent au sérieux.

De même, dans l’Apocalypse, celui qui met en pratique l’exhortation prophétique est déclaré « heureux » (Ap 1.3; 22.7, 14). La prophétie de Jean a clairement un rôle dans la croissance qualitative de l’Église. Elle invite le croyant à la repentance et le pousse à la sanctification (Ap 2-3).

En ajoutant des « pierres » à l’édifice (croissance quantitative)

En 1 Corinthiens 14.24-25, la prophétie est présentée comme « rendant visibles les secrets des cœurs » des non-croyants :

« 24Si tous prophétisent et qu’il survienne un non-croyant ou un simple auditeur, il est confondu par tous, il est jugé par tous ; 25les secrets de son cœur deviennent manifestes. Alors, tombant face contre terre, il adorera Dieu en déclarant : Dieu est réellement parmi vous ! »

La prophétie met à nu les pensées du non-croyant, elle révèle ce qu’aucun homme ne peut savoir. Elle montre ainsi l’origine divine de la prophétie et pousse le non-croyant à « tomber face contre terre » devant Dieu. La prophétie est donc un moyen utilisé par Dieu pour la croissance « numérique » de l’Église.

Cela se retrouve également dans les Actes où la prophétie participe à la mise en place de l’activité missionnaire. Le « témoignage » marqué par la puissance du Saint-Esprit a un caractère quasi-prophétique (Ac 1.8; cf. Ac 2.1-41; 4.8, 31; 6.8-10; 7.55; 13.9). En Actes 13.1-3, c’est une prophétie qui permet l’envoi en mission de Barnabas et Saul. En Actes 21.10-14, la prophétie d’Agabus conforte Paul dans sa mission, malgré les souffrances à venir. De même, dans l’Apocalypse, les « témoins » de Jésus sont présentés comme étant ses « prophètes » (Ap 11.3-13; 19.10).

Ces divers exemples montrent que le rôle de la prophétie dans la croissance de l’Église est une notion qui parcourt l’ensemble du Nouveau Testament. Cela souligne l’importance de la prophétie pour l’Église. Cela souligne aussi la responsabilité de celui qui prophétise : il doit toujours avoir en tête l’objectif qui est l’édification du corps du Christ.

La prophétie chrétienne s’exerce dans le cadre du corps du Christ

Il est remarquable que toutes les listes de charismes mentionnant la prophétie (Rm 12.6-8 ; 1 Co 12.8-10, 28-30 ; Ep 4.11) sont accompagnées d’exhortations à l’unité de l’Église et à l’amour fraternel. La liste des charismes de Romains 12.6-8 est précédée d’un rappel de l’unité du corps du Christ (Rm 12.3-5) et suivie d’une invitation à l’amour (Rm 12.9). En 1 Corinthiens 12, la question des différentes fonctions au sein du corps du Christ (1 Co 12.27-30) est associée à une présentation de l’unité de ce corps (1 Co 12.12-27) et elle est suivie d’une exhortation à l’amour (1 Co 13.1-13). En Éphésiens 4, Paul aborde la question des charismes et des services (Ep 4.7-16) après avoir rappelé l’importance de l’unité du corps du Christ (Ep 4.1-6).

Paul insiste fortement sur le fait que les charismes, dont la prophétie, ne peuvent s’exprimer que dans un cadre particulier : celui du « corps du Christ ». Or, au sein de ce « corps », tous les croyants ont été « baptisés » dans le « même et unique Esprit » (1 Co 12.13). Le prophète n’est donc pas plus « inspiré » que les autres croyants : il n’est qu’un « membre » parmi d’autres, appelé à coopérer avec les autres membres du corps de Christ (1 Co 12.14-31). Concrètement, cela signifie que celui qui prophétise est appelé à être attentif à l’organisation de l’Église locale dans laquelle il s’exprime, à son vécu, à son langage, etc.

Plus que cela, Paul invite celui qui prophétise à développer un véritable souci pour l’unité de l’Église. En 1 Corinthiens 13, Paul met en valeur le critère de « l’amour » qui vaut pour l’exercice de tous les dons spirituels. Une prophétie sans amour ne vaut rien (1 Co 13.2). Pour que l’on comprenne bien ce que cela implique concrètement, Paul explique dans le détail ce que veut dire prophétiser avec amour (cf. 1 Co 13.4-7).

Un discours intelligible

Pour que la prophétie puisse être édifiante pour l’assemblée des croyants, il faut qu’elle soit intelligible. En 1 Corinthiens 14, Paul valorise la prophétie par rapport au parler en langues dans le cadre du culte. Son premier argument est que la prophétie est compréhensible alors que le parler en langue ne l’est pas. Le prophète doit donc chercher à communiquer ce que le Seigneur lui a révélé de manière à ce que son auditoire puisse bien le comprendre. Dieu l’utilise avec toutes ses facultés humaines. Il n’est pas un robot ou une marionnette dans les mains du Saint-Esprit. Le prophète a une responsabilité : celle de transmettre la révélation reçue à l’Église dans un langage et une forme adaptés. Ainsi, on remarquera que lorsque Jean transmet ce qu’il voit dans l’Apocalypse, les descriptions de ses visions sont pleines d’allusions aux prophéties de l’Ancien Testament. Jean fait le rapprochement entre ce qu’il voit et ce qu’il connaît de l’Écriture.

De la même manière que les prédicateurs ou les moniteurs d’École du dimanche sont appelés à travailler leur élocution, ou à soigner la manière dont ils s’expriment, il devrait en être de même pour ceux qui prophétisent.

Dans les milieux charismatiques, il me semble qu’il serait important de rappeler l’importance de l’intelligibilité de la prophétie. Certains courants valorisent grandement les gestes qu’ils appellent « prophétiques », que ce soit par la danse, l’emploi de drapeaux, de bâtons, ou plus simplement par l’imposition des mains. Si les actes symboliques prophétiques sont bien attestés dans la Bible, il est important de garder en mémoire l’objectif de l’intelligibilité. Prenons le temps d’expliquer les gestes prophétiques pour qu’ils soient compris de tous (comme le fait le prophète Agabus en Actes 21.11). Faisons attention à ne pas développer un code symbolique qui devienne incompréhensible par les non-initiés, voire quasi-ésotérique.

Soyons aussi attentifs au cadre généralement public des réunions d’Église : selon les recommandations de Paul, la prophétie doit pouvoir être comprise par un non-croyant (1 Co 14.24-25). Si, par contre, il ne comprend rien et ressort en disant « vous êtes fous » (1 Co 14.23), c’est qu’il y a un souci dans notre manière de transmettre la prophétie.

Le prophète reste maître de soi-même

En 1 Corinthiens 14, le prophète apparaît comme restant maître de lui-même. Il est capable de se taire si un autre reçoit une révélation (1 Co 14.31) et il accepte que les choses se fassent dans l’ordre (1 Co 14.40). Il doit avoir un souci du reste de la communauté et de la manière dont son attitude pourra être perçue par le non-croyant qui assiste au culte ou à la réunion.

« Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais un Dieu de paix » (1 Co 14.33). Autrement dit, l’ordre est dans la nature de Dieu (cf. 1 Co 14.40). Par conséquent, si c’est son Esprit qui inspire la prophétie, celui-ci ne peut pas être à l’origine de désordre. Bien entendu, le « bon ordre » que Paul a en vue est celui de la communauté. Cela ne signifie pas que le prophète devrait s’exprimer sans émotion ou sans créativité. Les messages prophétiques de la Bible sont parfois dérangeants, les prophètes peuvent parfois pleurer (Ap 5.4) ou inviter à la joie (Ap 19.7), ils peuvent aussi effectuer des gestes prophétiques surprenants. Toutefois, ces émotions et ces gestes sont toujours expliqués. De plus, ils permettent d’illustrer le message transmis par prophétie : la forme s’accorde avec le fond.

Au-delà de ces caractéristiques très générales, le Nouveau Testament ne donne pas beaucoup plus de précisions concernant la forme ou le contenu de la prophétie chrétienne. Les données bibliques semblent résister à la tentation de réduire la prophétie à une forme particulière de discours.

La prophétie, une forme de prédication inspirée ?

Parmi les non-charismatiques qui ne sont pas cessationistes (sur la question de la prophétie), un certain nombre considère que la prophétie se manifeste dans l’Église à travers la prédication de l’Écriture, conduite par le Saint-Esprit.

On notera que certains réformateurs ont compris la prophétie chrétienne de cette manière. En 1525, Ulrich Zwingli met en place à Zurich, une sorte d’école d’exégèse qu’il intitule « prophezei ». Jean Calvin, dans son commentaire sur 1 Corinthiens 12.28, présente ainsi la prophétie :

« Mon opinion est que les Prophètes sont ceux qui déclarent la volonté de Dieu, en appliquant proprement et avec dextérité les prophéties, menaces, promesses, et toute la doctrine de l’Escriture [sic] selon que requiert la nécessité présente de l’Église. »

Cette vision des choses est défendue par certains théologiens modernes qui identifient la prophétie à « l’exégèse charismatique de l’Écriture », c’est-à-dire une forme d’interprétation de l’Écriture inspirée par le Saint-Esprit.

L’idée d’une exégèse inspirée est bien attestée dans le judaïsme intertestamentaire (notamment chez Philon d’Alexandrie et à Qumrân) et même au sein du Nouveau Testament. Toutefois, aucun texte du Nouveau Testament n’affirme explicitement que l’interprétation de l’Écriture puisse être une fonction du prophète. Les auteurs du Nouveau Testament n’utilisent jamais la terminologie prophétique pour désigner ceux qui accomplissent la tâche d’interpréter ou d’enseigner l’Écriture. À Qumrân ou chez Philon d’Alexandrie, on se refuse à employer la terminologie prophétique pour désigner une telle pratique : la terminologie est réservée aux illustres prophètes du passé, voire, exceptionnellement, à des figures prophétiques dont on attend la venue future.

À ma connaissance, il n’y a pas de preuve biblique que la prophétie puisse se définir comme étant une forme de prédication ou d’interprétation de l’Écriture. Dans les listes de charismes ou fonctions (Rm 12.6-8; 1 Co 12.28-29; Ep 4.11), la prophétie est toujours distincte de l’enseignement, et même, en Romains 12.6-8, de l’exhortation (grec : paraklèsis). L’enseignement est cité en 1 Corinthiens 14.26 comme faisant partie intégrante du culte. Il est, dans ce verset, dissocié de la révélation qui est, aux versets 30 à 32, clairement identifiée à la prophétie.

L’enseignement a bien sa place au sein du culte. Et l’on peut espérer que l’enseignant, habité du Saint-Esprit, se laisse inspirer par Dieu dans son étude de l’Écriture ! De même, rien n’empêche que la prophétie puisse s’exprimer sous la forme d’une application inspirée de l’Écriture particulièrement pertinente. Mais les données bibliques ne permettent pas de limiter la prophétie à une telle pratique, et je pense qu’il serait dommage de le faire.

<< 1°) Prophétie et Saint-Esprit : l’inspiration3°) Accueillir la prophétie dans l’Église : discernement et autorité de la prophétie >>

Laissez un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.