Pourquoi une « libre rémunération » ?

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money-837375_1280Vous avez peut-être remarqué que je vous propose désormais de me rémunérer pour le travail dont vous êtes au bénéfice via ce site… Quelques mots d’explication.

Le travail effectué

Après avoir été pasteur d’Églises locales pendant 9 ans, je me prépare désormais à un ministère d’enseignement et de formation (voir ma page de présentation). C’est pour cela que j’effectue actuellement un doctorat en théologie.

Depuis peu, j’ai demandé le statut d’auto-entrepreneur en tant que « formateur ». Cela me permet d’être rémunéré légalement pour des activités ponctuelles de formation. Ce site fait partie de ce type d’activités. Il demande beaucoup d’investissement et de travail. Mon objectif est de proposer du contenu de qualité sur Internet pour la formation biblique des croyants.

Financer le travail en arrière-plan d’un site Internet

Certains sites vendent l’accès à leur contenu. Il aurait été possible de vendre une partie du matériel que je publie sur mon site, sous forme d’ebook, par exemple.

D’autres sites sont totalement gratuits, mais comme le dit l’adage, « si c’est gratuit, vous êtes le produit ». Ces sites vivent des revenus publicitaires et de la revente des données collectées (souvent à l’insu des internautes). Mon site ne contient aucune publicité et je ne revends, ni ne partage les données personnelles pouvant être récoltées (listings emails par exemple).

Enfin, certains sites vivent des dons de leurs Internautes. Cela implique notamment la mise en place de campagnes d’appels aux dons, afin de pourvoir au financement du site. C’est l’approche privilégiée par beaucoup de sites chrétiens.

« Le travailleur a droit à son salaire… »

Un appel aux « dons » se justifie dans le cadre d’un financement associatif, ou pour mettre en oeuvre un projet particulier. Toutefois, il me semble que la rémunération des ministères, telle qu’elle est encouragée dans la Bible, ne s’appuie pas principalement sur la notion de « générosité ». Certes, la Bible exhorte largement le croyant à la générosité : celui qui a « tout reçu » en Christ ne peut pas se montrer radin envers les autres. Mais cet appel à la générosité est d’abord orienté vers l’aide aux plus démunis ou, du moins, aux plus pauvres que soi (voir, par exemple, 2 Corinthiens 8.7-15).

Il me semble que la rémunération de ceux qui évangélisent, qui prêchent la Parole, ou qui occupent la fonction d’ancien/pasteur repose sur un autre principe : « le travailleur a droit à son salaire » (voir par exemple Lc 10.7 ; 1 Co 9.3-14 ; 1 Tm 5.18). Il est normal que ceux qui exercent un service à temps plein pour l’Église soient rémunérés pour leur travail. On « donne » généreusement à celui qui ne nous a rien donné, mais on « rémunère » celui qui travaille à notre service.

La solution de la « libre rémunération »

J’aimerais explorer une autre solution : celle de la « libre rémunération ». L’idée est de laisser chacun décider librement de la rémunération qu’il souhaite fournir à celui dont il est au bénéfice du travail. Il ne s’agit pas d’un don offert par pure générosité, mais d’une rémunération pour un travail effectué.

Pourquoi alors ne pas opter pour un accès payant, avec un tarif fixe ? À cause, paradoxalement, du principe de générosité ! Tous les internautes de la planète n’ont pas les mêmes moyens financiers. Or, il me semble important que ceux qui ont peu de ressources matérielles puissent accéder au même contenu que les plus privilégiés. La libre rémunération permet de laisser le contenu disponible gratuitement pour ceux qui ont peu de moyens. Quant aux autres, ils peuvent décider de fournir une rémunération selon leurs moyens.

De plus, se pose également la question de la « propriété intellectuelle ». Certains ont fait remarquer que ce principe n’était pas forcément le plus juste d’un point de vue biblique et qu’il serait préférable de remplacer cette notion par celle de « paternité intellectuelle (voir cette série d’article de Yannick Imbert). La « libre rémunération » permet de mettre en pratique ce principe : l’auteur ne vend pas « ses » idées ou « son » talent (l’honneur revient à son créateur !), mais il est rémunéré pour son travail.

Est-ce possible légalement ?

Après m’être renseigné auprès de personnes compétentes, il semble que ce soit tout à fait possible ! Ceux qui souhaitent me rémunérer pour mon travail de formation (dont ils bénéficient via le site) reçoivent une facture en fonction du montant payé. Bien entendu, ces revenus seront déclarés par mes soins et je devrai ensuite m’acquitter des charges sociales en fonction des montants perçus. C’est le principe du statut d’auto-entrepreneur.

Une tentative expérimentale…

Je n’ai pas connaissance de personnes ayant tenté une expérience similaire. La « libre rémunération » n’est probablement pas très rentable et je n’ai pas pour objectif d’en faire vivre ma famille. Toutefois, je pense que l’expérience vaut la peine d’être tentée. À chacun de voir s’il veut s’en inspirer…

Si vous voulez jouer un rôle positif dans l’expérience, n’hésitez pas à me rémunérer pour mon travail en vous rendant sur cette page (cliquez ici).

One Response

  1. Je salue l’initiative, qui me paraît plus proche du modèle biblique de la rémunération que ce qui peut se voir ailleurs 🙂 Même si Paul disait avoir le droit de prélever un salaire, à ma connaissance il ne s’est jamais imposé à personne et semblait même continuer son travail consistant à fabriquer des tentes.

    Sinon il y des blogueurs qui se sont déjà lancés dans la libre rémunération, le premier à l’avoir fait que je connaisse est Ploum :
    https://ploum.net/ce-blog-est-payant/
    https://ploum.net/?s=prix+libre

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